Une bande de Carolos à Gaza - Lire l'article en cliquant sur le lien ci-dessous

Retour à Luxembourg

Les marcheurs sont de retour à Luxembourg. Ils vous racontent leur vécu, leur expérience ... Eux-mêmes et d'autres marcheurs de Belgique, de France ..., font le bilan et préparent des suites à cette action dans leur pays, au Luxembourg, en Europe. Restez connectés et en alerte !

lundi 21 décembre 2009

Georgette, 50 ans, puéricultrice


ech heeschen Georgette, sin letzebuergerin a 50 joer al
virun méi wi 25 joer wor ech an israel eng frendin besichen a wor schockéiert iwwert d'verhaalensweisen vun den israelier vis-à-vis vun der arabescher bevölkerung
wi ech dunn an engem bus sutz, huet eng israelesch zaldotin sech niewent mech gesat, an ech hun ugefaang mat hier ze schwätzen
si huet mîr erzielt, wéi daat esou leeft teschent israeleschen zaldoten an der arabescher bevölkerung (leit gin grondlos waarden gelooss, grondlos zesummengeschlo, gedoen sech plakech auszedoen,...) si huet dat selwer esou schokant font, dass si mam gedanken gespillt huet, sech vun hierem frend, en israeleschen zaldot, deen monter bei esou "spiller" matgemaach huet, ze trennen dat nemmen als beispiel, wéi eeklech daat ennerschwellecht ka sin, waat sech an esou besatzungszaiten ofspillen kann Zënter hier huet d'situatioun an den besaaten gebidder sech jo net verbessert, mee si huet sech katastrophal verschlechtert duerch E frend, den virun 6 joer den comité pour une paix juste au proche-orient matgegrent huet, sin ech dunn no an no méi an di "thematik" eragerutscht an huelen eben och un der marche deel den gazaouis well ech domat virun allem meng solidaritéit weisen

si sollen gesin, dass et weltweit vill leit gin, di mat hinnen fillen, di un si denken an di sech an hieren respektiven länner fir d'rechter vun den palestinenser asetzen

wann d'regierungen esou feig sin an keng konkret schrëtter ënnerhuelen, fir deen desaster ze stoppen, deen den israeleschen staat do opféiert, soll wéinstens d'zivilbevölkerung courage weisen an sichtbar zeechen setzen
duerch di marche well ech also och meng roserei ausdrecken vis-à-vis vun regierungen, di net bougéieren

All mensch huet e recht op en menschenwürdegt liewen, an deem seng primär bedierfnisser befriddegt sin fridden op der welt kann et nemmen gin, wann d'ressourcen vun eiser aerd gerecht verdeelt sin, wann all d'leit respektvoll behandelt gin ech hoffen, dass wéinstens d'hellefsgidder gudd a gaza ukommen

Michel L, 66 ans, père de trois enfants rejoint Gaza pour la marche internationale de la liberté


Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Michel L. Je suis Belge, né en 1943. J’ai 3 enfants et 4 petits-enfants. Avec ma compagne, nous avons ensemble 6 enfants et 14 petits-enfants. Nous sommes heureux de ces trésors et pensons souvent à la chance qu’ont nos enfants et petits-enfants face à la situation des enfants et des jeunes en Palestine, à Gaza. Je vis et travaille à Luxembourg depuis 1997, où avec une chouette équipe, nous réalisons des recherches-actions sur l’immigration et l’asile et des formations à la citoyenneté et à la relation interculturelle. J’espère être retraité en avril 2010.

Pourquoi faites-vous partie des marcheurs luxembourgeois ?
C’est mon histoire personnelle depuis ma petite enfance qui m’a amené à mon engagement pour une Paix Juste au Proche-Orient : diverses expériences familiales d’injustice, la rencontre de nombreuses personnes-témoins militant pour la justice et la paix, le travail avec plusieurs organisations ouvrières et rurales animées par les mêmes valeurs, m’ont profondément marqué et ont contribué, lorsque j’ai rencontré la Palestine sur mon chemin, à ne pas hésiter à consacrer de mon temps et de mes forces pour y soutenir la justice et la paix dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Plus tard, comme employé dans une ONG de développement, j’ai rencontré sur mon chemin le Tibet, pays ô combien semblable à la Palestine à de nombreux poins de vue. Enfin, en 2003, c’est la Palestine qui est « venue à moi » sous les traits d’une jeune palestinienne que nous avons hébergée un mois à la maison. Elle faisait partie d’un groupe de 10 jeunes Palestiniens, de Jérusalem et de Zababdeh, accueillis au Luxembourg par le Comité luxembourgeois pour une Paix Juste au Proche-Orient (CPJPO). Je me suis rappelé à ce moment que, lors de mes études à Louvain, j’avais eu l’occasion, lors de dîners communautaires, de rencontrer Naïm et Bichara Khader. Quelques années plus tard, Naïm allait devenir un Palestinien très engagé pour la paix et la justice dans son pays, devenir le premier représentant de l’OLP en Belgique puis en Europe et si bien réussir son travail de sensibilisation et de lobbying politique qu’il en fut assassiné. Naïm et Bichara étaient les deux grands-oncles de la jeune palestinienne que nous avions choisi d’accueillir à la maison. Quelle coïncidence ! La fréquentation de ces jeunes pendant un mois, leurs témoignages sur leur vie quotidienne en Palestine occupée, leur courage, leur espoir malgré tout, m’ont convaincu de l’importance et de l’urgence de travailler avec eux, avec leurs familles et avec toutes les forces de paix en Palestine et en Israël. C’est à la suite de cette dernière aventure que j’ai décidé, avec ma compagne, de rejoindre le CPJPO dès 2003.

Depuis plusieurs années, avec d’autres, je me disais : comment se fait-il que les gens ne se lèvent pas en masse et ne partent pas en masse pour la Palestine, en vue d’exprimer leur soutien à la population palestinienne et aux militants palestiniens et israéliens pour une paix juste, et en vue d’interpeller la communauté internationale et les responsables politiques sur l’aberration que constituent ce conflit, l’occupation et la colonisation de la Palestine ? Dès que l’appel est d’une organisation américaine au départ de ce projet, ma compagne et moi-même n’avons pas hésité une seconde : nous partons !

Qu’allez vous apporter comme message aux Gazaouis ?
Ce ne sera pas un « message », mais un témoignage de solidarité et un soutien à leur résistance malgré tout. Ce sera l’engagement, que je leur dirai, à continuer ici au Luxembourg à témoigner de leur situation et à agir : à sensibiliser l’opinion publique, les médias, les jeunes, à interpeller sans cesse et de plus en plus le monde politique luxembourgeois et européen sur leurs graves responsabilités dans la détérioration de ce conflit et dans les moyens à prendre enfin pour en sortir, à soutenir là-bas et ici les efforts des personnes de bonne volonté et des hommes politiques qui osent prendre des risques et relever en vérité les défis qui caractérisent ce conflit. Je serai avec eux et au milieu d’eux un simple « être humain » qui partage avec un autre « être humain », ce qui n’est pas peu de chose pour des personnes dont l’humanité est quotidiennement niée.

Quels sont vos espoirs ?
J’espère que les habitants du Luxembourg qui auront connu notre initiative et son contexte viendront grandir les rangs de ceux qui réclament tout simplement la justice.
J’espère que, via les médias et les moyens internet que les marcheurs utiliseront dans le monde entier (il y a 1400 marcheurs, des divers continents), des hommes politiques des divers pays, des dirigeants européens et américains ouvriront un peu plus leurs yeux et laisseront parler en eux la raison du droit – non la raison du droit du plus fort, mais celle du droit international et des droits de l’homme.
J’espère que les Gazaouis, voyant à nouveau qu’ils ne sont pas seuls, seront renforcés dans leur courage et leur volonté de continuer à résister.

Avez-vous vous peur de ce qui vous attend là-bas et comment vos proches réagissent-ils ?
Je n’ai pas peur parce que j’ai appris depuis 6 ans à connaître (un peu) la Palestine et les Palestiniens. Je n’ai pas peur de l’aventure que cette marche représente avec tous les imprévus qui peuvent arriver. Mais j’ai une certaine appréhension de cette nouvelle confrontation à la souffrance des habitants, aux destructions opérées et, plus encore à l’inhumanité et à la déraison de ceux qui ont provoqué tout ce gâchis. J’ai peur de sentir encore la révolte monter en moi et déborder. Mais je ne serai pas seul. Je serai avec les autres marcheurs et je sais que nous pourrons compter les uns sur les autres. Je serai avec les Gazaouis et je sais que leur courage me permettra de surmonter mes émotions.

Qu’est ce qui vous inspire ?
Ce sont les valeurs dont j’essaye de vivre. C’est la justice, la mise en œuvre du droit international et le respect des droits de l’homme – à commencer par la dignité humaine. Ce sont les Palestiniens que j’ai rencontrés et vu résister. Ce sont les résistants d’ici et de là-bas, d’aujourd’hui et d’hier – dont plusieurs membres de ma famille emprisonnés plusieurs années à Buchenwald comme résistants pendant la guerre 40-45. C’est le souci de laisser à mes enfants et à mes petits-enfants un monde dont j’aie moins à rougir et qui sera encore vivable pour eux. Ce sont encore les mêmes valeurs dont sont porteurs les évangiles chrétiens lorsqu’ils sont interprétés correctement et qui continuent à me nourrir.

Eliane marchera pour Gaza


Je m’appelle Eliane, j’ai 62 ans, je vis à Luxembourg depuis 1975 et j’ai 14 petits enfants. Je fais partie des membres actifs du CPJPO depuis 2003 et assure particulièrement les visites guidées de nos expositions (« Retours de Palestine » et « Palestine, terre de non droits ») pour le grand public et aussi dans des lycées.
J’ai décidé de participer à cette marche pour apporter, humblement, ma petite pierre à la construction d’un monde plus juste et plus solidaire.

Ce qui m’a surtout bouleversée au cours de mes 5 missions en Palestine, c’est de constater que la loi du plus fort domine tout ; que les faits accomplis sur le terrain, en violation totale et permanente des droits humains et du droit international, deviennent la « normalité » … Les colonies de peuplement, toutes totalement illégales, et les routes qui les relient à Israël (réservées aux colons) provoquent un morcellement inouï des Territoires Occupés et rendent l’établissement d’un Etat palestinien quasiment impossible. Le « mur », dit de sécurité est en réalité un mur d’annexion des terres palestiniennes à Israël (il suffit de regarder son tracé pour tout comprendre) ; ce mur de béton de 8 à 10m de haut sur des centaines de km est une honte pour l’humanité. Tout cela ainsi que les formes diverses et multiples de l’occupation militaire israélienne portent très gravement atteinte à la vie familiale, sociale, culturelle, économique, et à la santé des Palestiniens.

Tout ceci me révolte :
- je ne veux ni ne peux accepter la loi du plus fort,
- je ne veux ni ne peux accepter la politique du fait accompli qui devient la règle, la loi
- je ne veux ni ne peux accepter les assassinats ciblés, les dommages collatéraux et tous les mensonges éhontés des gouvernements israéliens et de son armée qui tue des enfants sans défense à bout portant
- je ne veux ni ne peux accepter qu’un gouvernement donne l’ordre à son armée d’opprimer tout un peuple pour lui voler sa terre et ses droits les plus fondamentaux
- je ne veux ni ne peux accepter que l’armée israélienne d’occupation se comporte comme des tortionnaires
- je ne veux ni ne peux accepter qu’un état puissant dévore jour après jour le territoire d’un peuple opprimé, sans défense et interdit de résistance ; que cet état vole les terres, le temps, les paysages et surtout tant de vies innocentes
- je ne veux ni ne peux vivre tranquillement dans nos pays riches et sécurisés sans me sentir solidaire de ceux qui n’ont pas cette chance …
- je veux également faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas laisser à mes petits enfants un monde où l’impunité règne en maître et dans lequel le puissant peut écraser le faible.

Lors de mes voyages, j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes d’associations palestiniennes, israéliennes et mixtes qui travaillent de manière très courageuse pour résister à un occupant puissant et terrifiant afin de défendre les droits des Palestiniens et pour tenter d’arriver à la paix. Je veux me joindre à leurs efforts.

Qu’allez vous apporter comme message aux Gazaouis ?

Je voudrais simplement que les habitants de Gaza sachent que nous savons ce qui se passe, que nous sommes indignés de ce siège inhumain et illégal qui dure depuis plus de 3 ans, que nous ne sommes pas dupes de tous les mensonges de l’Etat d’Israël et de son armée, que nous sommes solidaires de leur situation inacceptable et que nous faisons ici ce que nous pouvons pour stopper ce blocus inhumain et travailler, à notre niveau, à une paix entre les deux peuples …. Je voudrais, par cette marche qui nous fera entrer en l’an 2010, leur redonner l’espoir d’une année meilleure et d’un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants….

Quels sont vos espoirs ?

Mon espoir est que tous ceux pour qui la JUSTICE et la PAIX ont encore une importance vitale se lèvent pour agir auprès de l’opinion publique, auprès de leurs élus ; qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour soutenir ceux qui se battent pour la liberté et la justice. Mon espoir réside aussi dans le courage des élus et des journalistes qui n’ont pas peur de la vérité ni des pressions et qui dénoncent, partout où cela est nécessaire, les agissements des dirigeants israéliens qui sont animés par des projets expansionnistes, au détriment des valeurs humaines les plus vitales et les plus profondes, et trahissant même les valeurs les plus profondes du judaîsme .

Avez-vous vous peur de ce qui vous attend là-bas et comment vos proches réagissent-ils ?

Je n’ai pas peur de ce qui nous attend car la cause que nous soutenons est juste et nous sommes « ensemble », avec des militants de bonne volonté et avec des Palestiniens qui n’aspirent qu’à la paix et à une vie « normale ». Mes proches sont de tout cœur avec moi et me soutiennent dans ce combat pour un monde plus « humain ».

Qu’est ce qui vous pousse/inspire ?

C’est d’abord mon indignation face aux massacres et aux destructions opérés : tuer de sang froid des centaines de civils innocents (dont tellement d’enfants), bombarder des centaines de maisons, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures administratives ; labourer des champs avec des tanks ; empêcher les camions d’aide humanitaire et de ravitaillement d’entrer dans Gaza ; empêcher l’entrée de matériaux de re-construction, laisser des centaines de milliers de personnes dans des ruines ou sous des bâches …. RIEN ne justifie de telles actions.

Ce qui me pousse, positivement, c’est une certaine idée de « l’homme » et de sa dignité. L’AUTRE EXISTE ! Ce qui me pousse, c’est un sentiment de fraternité humaine où nous sommes appelés à être solidaires. Ce qui me pousse, c’est aussi ma foi chrétienne qui m’appelle à être toujours du côté de l’opprimé

Si je m’engage, ce n’est pas parce que je serais « pro-palestinienne », mais parce que je me situe du côté du droit et de la justice, bafoués depuis plus de quarante ans en Palestine, et parce que je souhaite la paix pour tous les hommes. Le peuple palestinien a droit à un état viable.

Aucune paix véritable n’est possible sans justice.

Daniel, 35, étudiant chercheur, marcheur solidaire


Qui êtes-vous ?
Je m’appel Daniel, j’ai 35 ans, d’origine camerounais, je suis étudiant-chercheur.

Pourquoi faites-vous partie des marcheurs luxembourgeois ?
Parce que je m’intéresse aux questions normatives dans les relations internationales. Or le problème israélo-palestinien pose un défi dans l’application des normes et des valeurs au sein de la communauté internationale des Etats.
Donc pour moi, la participation à la marche pour Gaza est l’expression d’un « militantisme de terrain » et d’un « observateur de terrain » pour implorer la mise en œuvre du droit international dans cette région. C’est tout spontanément que je me suis joint au groupe de marcheurs luxembourgeois par le biais du Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient dont je suis un grand sympathisant depuis plus de cinq ans.
Qu’allez vous apportez comme message aux Gazaouis ?
Un message d’espoir que l’opinion publique internationale ne les abandonnera pas.
Quels sont vos espoirs ?
Que la marche se passe bien et que les échos résonnent au siège des Nations Unies et autres instances pour que le blocus soit levé par tous les moyens légaux et qu’une suite, dans les actes, soit donnée au Rapport Goldstone.

Avez-vous vous peur de ce qui vous attend là-bas et comment vos proches réagissent-ils ?
oui, peur de des «inconnus », qui plus est, une zone contrôlée unilatéralement par une puissance occupante qui bafoue aussi bien les droits de l’homme que le droit international humanitaire. Certains me soutiennent, d’autres ne sont pas au courant de ma démarche, de mon action.

Qu’est ce qui vous pousse/inspire ?
Le devoir d’être solidaire d’une juste cause, celle de la liberté, de la justice et du développement partout et pour tous.

Michel Gomez, éducateur, part pour Gaza


Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Michel. Né à Fataki (Congo), je suis pourtant un vrai wallon, têtu et raide, manquant totalement de diplomatie.
Je suis instituteur de formation mais j’ai travaillé longtemps comme éducateur dans une école secondaire, avant de terminer ma carrière (j’ai 60 ans !) en me consacrant plus au secrétariat de mon école. La découverte de l’informatique et de ses possibilités m’a en effet ouvert des horizons insoupçonnés.
Je prends ma pension dès le début de l’année scolaire prochaine.

Pourquoi faites-vous partie des marcheurs luxembourgeois ?

En tant que Belge, je fais partie des marcheurs luxembourgeois car deux de mes amis « de toujours à toujours », Eliane et Michel, en font partie aussi… et que pour rien au monde je ne les aurais laissés « seuls » avec 1.400 personnes !

Qu’allez vous apporter comme message aux Gazaouis ?

Je n’étais pas à la « marche blanche » qui, après les meurtres de Julie et Mélissa, a rassemblé des milliers de personnes à Bruxelles… et le soir même, devant la télévision, je me suis demandé : « Michel, y a-t-il une seule activité de ta journée qui valait la peine de ne pas être solidaire de ce mouvement pour la justice ? ». Aujourd’hui, pour rien au monde, je ne voudrais diminuer d’une seule unité le nombre de marcheurs qui réclameront « justice et liberté » pour Gaza.
J’ai été sensibilisé aux souffrances du peuple palestinien lors d’une précédente mission civile en Cisjordanie, en 2004, avecdes Luxembourgeois, des Français et des Belges. J’ai été frappé par le courage et la volonté de vivre de ce peuple fier et rude. Je lui ai même trouvé de nombreuses ressemblances avec le peuple wallon.
Même si, pour moi, la cause palestinienne est perdue, je participe à la marche de la liberté pour Gaza afin de dire à un maximum de Gazaouis : « Vous n’êtes pas seuls dans votre prison. Il y a, de par le monde, des hommes et des femmes comme vous qui se battent pour obtenir votre liberté. »

Quels sont vos espoirs ?

Pour la première fois depuis tant d’années, je n’irai pas à la messe de Noël car j’espère rencontrer à Gaza des hommes et des femmes qui seront pour moi le visage de Dieu sur cette terre.

Avez-vous peur de ce qui vous attend là-bas et comment vos proches réagissent-ils ?

Oui, j’ai peur car je ne supporte ni les tensions, ni la violence physique ou verbale… et mes proches partagent ma peur. J’ai beaucoup souffert, en Cisjordanie, car je ne pouvais vivre dans un état dirigé par la loi du plus fort et d’où la simple justice était absente. De même, je sais que je serai mal dans ma peau à Gaza.
Néanmoins, au-delà de nos peurs, je crois que notre vie doit être dirigée par nos choix et nos valeurs positives.

Qu’est ce qui vous pousse/inspire ?

Mes convictions et choix personnels :
• Tout homme est mon frère
• Le plus petit est le premier
• Le monde est un village dont je suis responsable à mon niveau
• Les actes sont plus forts que les mots
• Un royaume de justice est en marche grâce à chacun de nous
• A quoi sert la vie si ce n’est pour la donner ?

Et tant d’autres encore que je tairai pour ne pas être trop long…

Michel GOMEZ, email : mgomez@saintrochtheux.org

Michel, ingénieur, 57 ans, marcheur solidaire


Je m’appelle Michel, je suis ingénieur civil, de nationalité luxembourgeoise et j’ai 57 ans.
Je suis membre du CPJPO depuis quelque temps, d’abord passif, plus actif depuis cette année-ci. Je fais partie des marcheurs pour la paix parce que je trouve inacceptable l’injustice criante de la situation en Palestine.
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder sur des cartes géographiques comment le territoire “accordé” au peuple palestinien fond comme neige au soleil, et ce depuis 1947 à nos jours au bénéfice des territoires contrôlés par Israël.
Cela se passe de tout commentaire. On peut évidemment lire avec bénéfice l’histoire (ou les histoires) de la région qui permettent d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe.

Il faut dire que j’ai eu la chance de vivre et de travailler dans des pays d’Afrique du Nord et du Proche Orient. J’ai pu visiter pour des raisons professionnelles les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila près de Beyrouth et de Nahr el Bared au nord de Tripoli au Liban.
Ceci fait que je suis sensibilisé à l’histoire de la région et je considère les habitants de cette partie du monde comme des membres de la famille humaine à part entière et non pas comme des menaces potentielles, tel que beaucoup de médias ont trop souvent tendance à les présenter. Vous aurez compris que je refuse catégoriquement la théorie du “Clash des civilisations” (clash en grande partie “fabriqué maison”) malheureusement trop populaire encore dans nos pays occidentaux.
Le message que je veux apporter aux Gazaouis (et aux autres Palestiniens) est que nous ne les avons pas oubliés et que nous sommes prêts à nous investir pour une solution juste.
Que ce message leur permette de continuer à espérer et de ne pas sombrer dans le désespoir noir. Mon espoir à moi est que les hommes et les femmes des pays de la “communauté internationale” comprennent mieux les réalités sur place en Palestine et qu’ils apprennent à faire la distinction entre les mythes d’une part et la réalité de la politique de l’Etat d’Israël d’autre part.
Je n’ai pas peur de ce qui nous attend sur place car je connais au moins en partie la situation. J’ai plutôt peur de l’indifférence de beaucoup de nos concitoyens devant les injustices dont continuent de souffrir ces pauvres gens.

De la part de mes proches, je sens un soutien franc et je crois avoir compris que mes enfants sont fiers de ce que nous faisons.

Ceci m’amène à la base de ma motivation.
Etant enfant, j’ai grandi dans le contact direct de l’après-guerre de 1939-1945. Mon père avait été enrôlé de force par les nazis et il a été gravement blessé sur le front russe. Il en gardait une vilaine trace sur son corps de sorte que cette monstruosité de guerre était souvent présente devant nos yeux d’enfant. Malgré cela, il gardait l’esprit ouvert et maintenait des relations d’amitié avec des allemands honnêtes. Et nous nous sommes souvent posé la question: Comment était-ce possible qu’un peuple civilisé comme les Allemands ait pu être entrainé dans un tel cauchemar? Je n’ai pas eu de réponse vraiment satisfaisante à ce jour, ce qui est inquiétant. Mais je pense que l’attitude du citoyen de ne pas faire face à temps aux injustices inacceptables est une des raisons profondes de ce qui a pu se développer sous la direction des nazis.
Il ne suffit donc pas de prétendre que l’on ne savait pas.
Il existe une obligation de savoir et ensuite il existe une obligation de ne pas tout laisser faire si l’on veut éviter que des désastres se produisent devant nos yeux. Donc, ce qui me pousse, c’est banal mais c’est le miroir devant lequel je me rase tous les matins!

Claude, Instituteur, 53 ans, marcheur solidaire


Je m’appelle Claude. Je suis citoyen luxembourgeois et me sens aussi citoyen du monde. Il me semble que j’ai 53 ans. Je suis instit dans l’éducation à l’environnement.

Plus encore que la guerre brutale contre la bande de Gaza de l’hiver passé, c’est la déshumanisation de toute une population qui m’a meurtri.
Les guerres sont toujours préparées à travers la propagande et l’avilissement de l’ « ennemi ».
Et au Proche-Orient l’occupant est passé maître dans cet art. Aujourd’hui pour moi la population de Gaza est le symbole de tous les damnés de la terre :
1,4 millions d’êtres humains, emprisonnés dans un territoire 7 fois plus petit que le Luxembourg, sont privés de leurs droits fondamentaux :
  • droit au travail
  • à l’éducation
  • aux soins de santé
  • à la liberté de circulation
  • à l’accès à l’eau potable
  • à l’électricité
Ils sont à la merci de l’occupant et cet occupant leur dénie leur humanité-même.

Comme à d’autres moments de ma vie et à d’autres endroits je me sentais solidaire des gens au Vietnam ou en Afrique du Sud, à Sarajevo ou à Grozny, je suis aujourd’hui du côté des opprimés et des sans droits à Gaza.
J’irai leur exprimer ma révolte face à un siège qui dure depuis deux ans et face à une «communauté internationale » qui ne fait pas grand-chose pour arrêter ce crime.

D’une certaine manière toutes les choses et tous les êtres sur cette planète sont liés et chaque geste a forcément un impact. Je ne sais pas combien nous serons à aller aux portes de Gaza et à demander la fin du siège et la fin de l’occupation. Des centaines sans doute, de nombreux pays du monde. Je ne sais pas si l’occupant et ses fidèles vassaux nous laisseront rentrer. Ce n’est d’ailleurs pas l’essentiel. Mais je suis convaincu que notre message ne passera pas inaperçu.

Je n’ai pas vraiment peur. Je sais que le coût d’une vie est mal réparti dans ce monde.
Ce qui m’inspire ? Ce sont les nombreuses personnes d’ailleurs que j’ai pu rencontrer au fil de ma vie, c’est une certaine vision de la dignité humaine, une certaine vision aussi de la citoyenneté ; c’est aussi le grand respect que je porte à tous ceux qui résistent face à l’inacceptable.

dimanche 20 décembre 2009

En direct de Gaza : la préparation de la marche et de notre accueil (samedi 14 novembre 2009)


Moustafa Al Kayyali, coordinateur du comité d’accueil de la Marche Pour Gaza nous adresse les informations suivantes, concernant l’organisation du programme qui se met en place pour notre séjour.
(Source : http://europalestine.com/MarchePourGaza/spip.php?article33)

"Nous nous réunissons chaque mercredi au siège de PNGO (Palestinian Non-Governmental Organizations) un réseau d’ONG palestiniennes couvrant divers secteurs d’activités au sein de la société civile.

Il y a une dizaine de représentants, dont voici les noms et les activités :
- Ibtesam EL Za’anin : Secteur Femmes
- Elias Jildeh : Syndicat des travailleurs
- Haidar Eid : Representant de PACBI (BDS)
- Moheb Shaath : Secteur jeunesse
- Nadeen Fares : Forum jeunesse Sharek
- Mohsen Abu Ramadan : PNGO
- Gamal Abu Habil : Secteur Réfugiés
- Amjad Al Shawa : Campaign internationale pour briser le siège de Gaza
- Moustafa Al Kayyali : Coordinateur du comité de Gaza pour l’organisation de la Marche Pour Gaza
- Husam Ayesh :Representant des universités palestiniennes

Nous avons décidé que chacun de ces représentants doit mobiliser largement pour la préparation et l’accueil de la marche au sein des femmes, des élèves, étudiants, travailleurs et associations, proposer des visites, conférences et actions aux internationaux qui vont venir.

Nous avons décidé que la Marche se déroulera le jeudi 31 décembre et partira à 10 H du matin de la localité d’ Ezbet Abd Rabo, à l’Est de la ville de Jabalya, au Nord de Gaza, entièrement dévastée par les bombardements israéliens, parce que cette zone symbolise, un an après la guerre subie, la destruction, la mort et la souffrance engendrées par cet assaut barbare.

La marche de 1,5 km se dirigera en direction de la frontière d’Erez (qui se trouve à 5km de là) et revêtira un caractère pacifique et non violent, pour bien marquer la différence avec les méthodes de nos agresseurs. Au cours de cette marche, les Gazaouis porteront les vêtements qui caractérisent leurs activités de pêcheurs, infirmier(e)s, écoliers, journalistes... Elle se terminera par des prises de parole.

Un spectacle est également prévu avec la participation de groupes palestiniens de Rap et de Hip hop, et celle de danseurs de dabbkeh. Les artistes internationaux sont les bienvenus et nous les invitons à se coordonner avec les musiciens et danseurs palestiniens."

(Traduit de l’anglais par CAPJPO-EuroPalestine)

La marche pour Gaza est une étape du travail politique du CPJP




NB. Cliquer sur les mots en couleur pour accéder aux sites où vous trouverez les documents concernés.
 
Le 31 décembre 2009, plusieurs membres du CPJPO marcheront aux côtés du peuple de Gaza en une manifestation non violente qui vise à briser le blocus illégal. 



Depuis plus de deux ans, la question de Gaza et la situation à Gaza sont devenues l'une des priorités de notre association. Pendant la guerre contre Gaza, en janvier 2009, nous avons organisé, avec l'appui de plusieurs autres organisations, une grande manifestation dans le centre ville de Luxembourg ainsi qu'un piquet de solidarité avec Gaza (voir sur notre site). Nous avons interpellé le Ministre des Affaires étrangères et la présidence de l'Union européenne pour qu'ils appuient un cessez-le-feu et la levée du blocus illégal et inhumain qu'Israël faisait peser sur 1,5 millions de Gazaouis. Nous avons invité le député européen David Hammerstein à témoigner de la situation qu'il a pu observer durant son bref séjour à Gaza en plein milieu de la guerre.

Parallèlement, nous avons cherché le contact avec les partis politiques du Luxembourg. Fin janvier 2009, juste après la guerre contre Gaza, la Chambre des députés a tenu un premier débat. Même si le Ministre des Affaires Etrangères et les députés ont pris des positions allant dans le sens du respect des droits de l'homme et du droit international, plusieurs de leurs analyses et de leurs affirmations nous sont apparues erronées, partielles ou péchant par manque de référence au contexte global. De plus, au terme du débat, il n'y eut ni prise de position officielle ni décision de suivi.

Entre mars et septembre 2009, Amnesty International, Human Rights Watch, la Croix-Rouge, la Ligue arabe, ont publié des rapports accablants et convergents sur les crimes de guerre et sur les crimes contre l'humanité commis massivement par l'armée israélienne, mais aussi par des groupes armés palestiniens. Finalement, le rapport Goldstone, rapport officiel commandité par l'ONU, est sorti (voir le texte du rapport, complet ou en synthèse sur notre site), avec une description des faits et des conclusions semblables à celles des organisations citées.

Ayant pris connaissance de ces rapports successifs, nous avons initié un tour des 6 partis politiques représentés à la Chambre des députés en vue d'un échange approfondi sur la guerre à Gaza et sur ses suites. Nos rencontres étaient articulées autour de 4 points de discussion, susceptibles de donner lieu de la part des députés à une motion constituée d'autant de prises de position. Il se fait que la période à laquelle ont eut lieu ces entrevues précédait de quelques jours la déclaration annuelle de politique étrangère du Ministre des affaires étrangères et le débat parlementaire qui s'ensuit.

La déclaration a été faite, dans laquelle une place de choix fut donnée au Proche-Orient et au conflit israélo-palestinien. Pour l'essentiel, nous pouvions adhérer au contenu de cette intervention, hormis quelques affirmations concernant les boucliers humains qui auraient été utilisés par les Palestiniens au cours de la guerre contre Gaza et la nécessaire reconnaissance par les Palestiniens de l'Etat d'Israël, reconnaissance qui existe depuis longtemps. Nous avons pu nous réjouir du fait qu'une motion (voir sur le site de Paix Juste le pdf de cette motion - Lettre info du 23-11-09) a été adoptée à l'unanimité. Cette motion reprenait l'essentiel de nos préoccupations concernant la fin du blocus de Gaza, les suites à assurer au rapport Goldstone, la cessation de toute construction de colonies israéliennes en Territoires Palestiniens Occupés et le soutien à la réconciliation des partis et groupes palestiniens. Même si la motion conserve des formulations insuffisantes ou critiquables, elle n'en est pas moins forte et précise sur les points fondamentaux.



C'est dans le droit fil de ces préoccupations et de ces actions en faveur de Gaza que le Comité a décidé de participer à la Marche sur Gaza du 27 décembre au 1er janvier.

Michel L.

jeudi 17 décembre 2009

Où en est Gaza ?

Intervention de Marianne Blume, lors de la formation préparatoire à la marche pour Gaza, à Bruxelles le 12-12-2009 : quelques aspects de la situation de Gaza hier et aujourd’hui.

Aperçu général de Gaza (quelques éléments tirés de Wikipedia)
➢ La bande de Gaza possède 11km de frontière environ avec l'Égypte (avec le poste-frontière de Rafah), 51km de frontière avec Israël (avec le poste-frontière d'Erez), 40km de côtes le long de la Méditerranée. Sa superficie est de 360km2.
➢ Environ 1,5 million de Palestiniens vivent dans la bande de Gaza, principalement des descendants des réfugiés de la guerre de 1948.
➢ La densité de la population est importante avec environ 4.000 hab/km2.
➢ Après le départ des populations israéliennes en 2005, la majorité des habitants est musulmane avec des minorités chrétiennes (0,7%).
➢ Les premières colonies y avaient été implantées dans les années 1970 et utilisaient 80% des faibles ressources hydrauliques de ce territoire. En 2005, les colonies sont démantelées suite au Plan unilatéral de désengagement par Israël.
➢ Parmi les problèmes cruciaux : l’approvisionnement en eau ; la menace croissante des pollutions ; depuis 1967, l’économie de Gaza est totalement intégrée au marché israélien dont elle est devenue totalement dépendante. Gaza est totalement dépendante d'Israël aussi pour la fourniture de son électricité et de son carburant. C’est dire que le blocus israélien, en plus des effets directs sur les conditions de vie de la population dans tous les domaines, a complètement étouffé l’économie de Gaza.
➢ Jusqu’à la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, l'Autorité palestinienne a assuré la survie artificielle de l'économie en hypertrophiant le secteur public, principalement les services de sécurité, grâce aux subventions internationales, surtout de l'Union Européenne. À l’époque, près d'un Gazaoui sur trois était rémunéré par l'Autorité palestinienne.

Avant Oslo et le « désengagement » israélien

Peu le savent : c’est depuis Oslo qu’il y a un mur-clôture électrifié tout autour de Gaza, ainsi qu’une « buffer zone » : 100 mètres de no mans land pris sur les terres palestiniennes ainsi qu’un chemin pour les jeeps et des détecteurs de mouvement.
Il y a deux grands points d’entrée et de sortie :
Erez, au nord, depuis Israël
Rafah, au sud, pour l’Égypte.
Une route traverse tout Gaza, du sud au nord, la route Saladin. Beaucoup des routes qui traversent Gaza transversalement étaient des routes réservées aux colons, si bien que Gaza aussi était morcelée en de nombreuses pièces de puzzle sans communication ou avec des communications très difficiles
60 000 travailleurs gazaouis allaient travailler quotidiennement en Israël avant Oslo. Après Oslo, le nombre de travailleurs a fortement diminué, donc aussi les revenus des familles, d’autant plus que ces travailleurs étaient très mal payés.

Erez :
À l’entrée de Gaza, au nord, se trouvent Erez, ainsi que, avant Oslo, de nombreuses colonies de pêche et colonies industrielles à la limite du territoire : entreprises souvent polluantes, avec des travailleurs sans droits. Aujourd’hui, cette zone n’existe plus, mais, à la frontière, Israël continue régulièrement de tirer si bien qu’il n’y a pas de culture ni d’agriculture possibles.
La route reliant la colonie de Netzarim au passage de Karni à l’Est et à Erez au Nord était souvent bloquée par Israël, ce qui contribuait à couper Gaza trois morceaux.

Rafah :
La frontière était tenue par les Israéliens – Peu ou pas d’étrangers ne pouvaient entrer. Aujourd’hui, Israël s’est retiré du terrain. Il y a des observateurs européens chargés de contrôler, avec les Égyptiens, le trafic de Rafah ; il y a contrôle des papiers et tous les renseignements sont transmis aux Israéliens. Ces contrôleurs européens étaient installés en Israël et essentiellement à l’ordre des Israéliens.

Le Gush Kativ
Dans une zone aride s’étirant du centre ouest jusqu’au sud-ouest, il constituait un groupement de colonies agricoles. Le montant total des exportations du Gush Katif (dont les tomates cerises exportées en Europe) atteignait 200 millions de dollars par an et représentait 15% des exportations agricoles d’Israël. Dans cette région, les Palestiniens étaient emprisonnés entre de nombreux check points. Les routes transversales étant souvent barrées et, les autres routes vers la frontière israélienne à l’Est étant réservées aux colons, c’est un 4e morceau de puzzle de Gaza qui était ainsi constitué. L’aéroport payé par les Européens et détruit par les Israéliens, est désormais impossible à utiliser.

Cette zone est couverte de check points ; le long des routes, tous les arbres coupés. Une grande partie de l’eau, à proximité de la mer, était pompée par les colonies et l’est encore aujourd’hui au profit d’Israël. La nappe phréatique est envahie par le sel, a été et est encore polluée par les industries chimiques, la grande station sud d’épuration des eaux ayant été détruite par l’armée israélienne.
Gaza était connue pour ses oranges, ses pamplemousses et ses citrons. Aujourd’hui, la pollution des eaux est telle que ces cultures sont devenues aléatoires sinon impossibles.

Après Oslo :

22 miles marins avaient été concédés aux Palestiniens pour la pêche. Ils se sont progressivement réduits à 12 miles puis à 6 miles puis aujourd’hui encore moins. La pêche palestinienne se trouve donc pratiquement anéantie. Si on pêche dans ces eaux de quelques miles, fréquentées par les petits poissons, on tue les ressources futures. Quel autre choix ?

À gauche et à droite de cette zone sud de pêche, deux zones sont interdites de pêche : les vedettes israéliennes y patrouillent constamment et infligent divers types de punitions aux Palestiniens qui dépassent les limites

Gaza, une prison sans ciel ouvert ! Si Gaza est une prison, découpée en quartiers sans communication, elle est aussi une prison fermée par un couvercle qui lui sert de plafond : patrouilles incessantes d’avions, bombes soniques (avec bris des vitres, états de choc très perturbants), etc.

Gaza sous blocus
Le blocus a commencé déjà avant les élections 2006 et a véritablement provoqué un dé-développement de la région. L’habitude au blocus s’est créée depuis longtemps.
L’UE a voulu favoriser le développement local, avec de grosses entreprises de productions de fruits, de jus … Mais à partir de 1996 (révolte dans les Territoires), Gaza a été bloquée et reste fermée par Israël. L’Égypte, de son côté, est aussi fermée. Dès lors, vu que les manques les plus fondamentaux et les plus divers se poursuivent depuis plus de 10 ans, c’est toute l’économie de Gaza qui est démantelée sinon détruite.
Les autres passages pour marchandises sont contrôlés par Israël ; les produits interdits sont très nombreux, y compris des produits vitaux, dont, par exemple, le papier … (par peur que le Hamas utilise ces produits pour fabriquer des qassams, des tracts anti-israéliens …). Les conséquences sont graves dans de nombreux domaines, dont le domaine scolaire.

Précédemment, ± 4000 types de marchandises pouvaient passer ; aujourd’hui, entre 40 à 50 ! Le sucre est interdit car du sucre + de l’engrais peuvent être utilisés pour faire des bombes ; le chocolat est interdit … Les permissions et les interdictions paraissent arbitraires ; en fait, comme l’ont dit clairement certains responsables israéliens, les entrées sont limitées à ce qui doit permettre aux gens de « survivre », juste de quoi ne pas mourir. Argent et biens entrent juste pour que la crise humanitaire ne soit pas trop radicale: 80% des gens vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté – il y a 45 % de chômage...

Kerem Schalom est un point de passage au sud-est, au coin de la frontière entre Gaza, Israël et l’Égypte. Lors du passage de marchandises, tout contact est évité par les Israéliens avec le Hamas : les marchandises sont jetées sur une plateforme vide de Palestiniens et sans lumières – Les Palestiniens doivent téléphoner à l’autorité militaire pour savoir quand les marchandises passeront. Les Israéliens les font souvent attendre longtemps (des médicaments traînent parfois des semaines) et des files de camions attendent le passage, vers l’extérieur et vers l’intérieur.
Ce sont les militaires israéliens qui décident au jour le jour quels produits pourront passer, sans en fournir de liste à l’avance. Les Palestiniens doivent téléphoner chaque jour pour savoir ce qui pourra entrer. Le choix des marchandises opéré par les militaires dépend du marché israélien : ils envoient d’abord les produits en surplus en Israël, sans tenir compte des besoins ou des demandes des Gazaouis. Les Israéliens trafiquent aussi les conserves, en changeant leurs dates de péremption.

Quel État palestinien ?
Comment créer un État palestinien dont les deux entités géographiques principales : la Cisjordanie et Gaza restent coupées l’une de l’autre, sans communication ? Les liens sont imaginés, espérés, rêvés, mais jamais réalisés. De plus, les deux entités sont très différentes à de nombreux points de vue. Jusque 1967, Gaza était sous autorité égyptienne et la Cisjordanie sous autorité jordanienne. Les systèmes d’éducation étaient très différents, ainsi que les modes de vie …

Les bombardements lors de la guerre de décembre 2008-janvier 2009
Les moins de 15 ans représentent 48% de la population gazaouie (Recensement palestinien de 2007). 75% des habitants sont des réfugiés de Ash Dot. Les principaux camps de réfugiés sont Jabalya dans le Nord, le camp de la plage, le centre de Gaza, Deir Ballah, Kan Younis et Nuserat.
Les camps n’étaient plus constitués de tentes, mais de maisons en dur. À Gaza coexistent souvent des maisons très riches et de véritables gourbis. C’est l’un des contrastes visibles à Gaza et en Cisjordanie.
Les camps sont régis par l’UNWRA (organisation des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens) avec ses écoles, ses cliniques temporaires. Le plus souvent, il n’y a pas d’égouts ni de conduites électriques. Cette situation a été un peu améliorée par l’AP, mais de manière très limitée et avec beaucoup de temps, vu que, théoriquement, cette situation des réfugiés est considérée comme provisoire. Il n’empêche : certains camps sont relativement développés, tandis que d’autres restent vraiment sous-développés.

Les bombardements israéliens ne datent pas de 2008-2009. Entre 2000 et 2006, les bombardements et les incursions ont été quotidiens. Pour la plupart des Gazaouis, les nuits ont été et restent des moments dramatiques : l’angoisse monte progressivement au cours des nuits, ainsi que la peur des bombardements ; il est difficile d’endormir les enfants. Le stress des enfants et parents est permanent et profond, insupportable, sans qu’ils puissent en sortir ; les gens sont souvent très fatigués, fument beaucoup, etc.

Les habitants ont donc l’impression de vivre dans un zoo. Il faut d’ailleurs s’attendre à et comprendre certaines réactions négatives de gens qui se sentent regardés comme des animaux traqués et enfermés. Mais tout autant, les réactions peuvent être très bonnes et très positives, dans la mesure où ils peuvent aussi voir dans les étrangers, entre autres dans les Européens, des observateurs qui vont témoigner et agir à leur retour. C’est important, car, au cours des dernières années, la désillusion des Palestiniens par rapport à l’Europe n’a cessé de croître, à la mesure des espoirs qu’ils avaient mis en celle-ci.
La carte des bombardements montre le nombre de bombes jetées par km2. Gaza en est toute trouée. Les gravats sont nombreux, mais les Gazaouis en récupèrent tout ce qu’ils peuvent et reconstruisent avec des morceaux de béton, de la terre, du sable et des coquillages. Beaucoup de gens vivent à nouveau sous tente. Globalement, pour beaucoup, les conditions de vie ont énormément régressé.

Les destructions :

Sans parler des 1400 tués et des milliers de blessés dont beaucoup resteront handicapés à vie, ont été détruites toutes les infrastructures et institutions civiles et de service public : stations de police, la plupart des ministères, le Parlement, la résidence présidentielle, des écoles de l’ONU, des mosquées, des universités, la principale centrale électrique, des stations d’épuration, des centaines d’entreprises agricoles et industrielles … L’électricité vient d’Israël, selon des quotas ; elle est souvent coupée (4h ou 6h par jour, sans savoir quand l’électricité va venir : on attend l’eau ou l’électricité).

Le principal centre d’épuration des eaux a été bombardé et détruit. 80 000 m2 d’eau usée ont été versés dans la mer sans épuration. Et cela continue.
La nappe phréatique s’épuise et les Gazaouis doivent acheter leur l’eau à Israël.
Au nord, les lagunes sont polluées par les eaux usées qui deviennent impropres à l’agriculture.

À Gaza aujourd’hui cohabitent des maisons détruites et cassées avec de superbes maisons et des hôtels : c’est l’un des contrastes de ce territoire.
Les gens sont dans une situation bizarre : il y en a qui ont une maison, il y en a gens qui n’en ont pas ou qui n’en ont plus ; la solidarité est entamée : « les Israéliens nous ont ramenés au niveau de bêtes » disait un Gazoui. « Nous les ramènerons au Moyen Age », avait dit un dirigeant israélien.

D’autres contrastes sont choquants : certains magasins sont pleins ! la vie continue ! d’autres magasins sont totalement vides ou détruits ! la pauvreté est devenue très grande. En fait, la pauvreté n’est pas affichée en Palestine, elle est peu visible de l’extérieur (à part les destructions) : on voit la pauvreté et la misère seulement si on entre dans maisons.

Les tunnels et le mur

Les tunnels avec l’Égypte sont le véritable poumon de Gaza par les marchandises qui sont acheminées par le commerce (de contrebande) qu’il génère, par les bénéfices qu’ils rapportent à ceux qui en ont les moyens, par les entreprises familiales qui en survivent, par les taxes prélevées sur les tunnels et les marchandises qui y transitent — l’une des conséquences en étant que les marchandises sont très chères. De plus, par les tunnels, passent beaucoup de marchandises avariées.

Le mur actuel avec l’Égypte avait 4m de profondeur. Depuis que les Palestiniens en ont détruit un morceau, les contrôles et la surveillance égyptiens se sont accrus. L’Égypte aurait lancé récemment la construction d'un mur (complémentaire) séparant sa frontière de celle de la bande de Gaza et décidé d'enfouir des plaques métalliques jusqu'à 20 ou 30 mètres sous terre pour empêcher les tunnels de fonctionner. Il faut dire qu’Israël et l’Égypte sont en tête de liste dans les pays qui reçoivent le plus d’argent des USA. L’Égypte obéit jusqu’à un certain point aux ordres des Etats-Unis et aux injonctions d’Israël. Cependant, d’un autre côté, laisser entrer les Gazaouis en Égypte, ouvrir la frontière aux marchandises égyptiennes, aurait pour conséquence de dédouaner Israël de son blocus de Gaza.

Peu de reconstructions
Peu de bâtiments sont reconstruits, les matériaux de construction étant interdits d’entrée par les Israéliens. Les écoles ne sont pas reconstruites ; les cours sont donnés à moins d’étudiants ; les enfants et les jeunes sont stressés, incapables d’attention, alors que les enseignants étaient très motivés … Les enfants font preuve d’une violence très grande ; dès qu’il y a un problème, on assiste rapidement à des « guerres » internes.

Communiqué du CPJPO

A Gaza, 9 marcheurs représenteront le Luxembourg à la Marche internationale pour Gaza le 31 décembre 2009.
Neuf personnes venant du Luxembourg se joindront à la Marche pour Gaza du 27 décembre au 2 janvier 2010 pour demander la fin du blocus de la bande de Gaza qui dure depuis plus de 2 ans et qui maintient une population entière dans la misère.

Un an après le début de la guerre ayant causé plus de 1400 morts et 5000 blessés, 1 million et demi de femmes et d’hommes sont toujours pris en otage par Israël, et des milliers sont obligés de passer l’hiver sous des tentes parce qu’on leur refuse l’entrée des matériaux nécessaires à la reconstruction de leurs maisons détruites.

Nombreuses sont les voix internationales qui demandent la levée du blocus: appels de l’ONU, de l’Union européenne, d’organisations humanitaires, de personnalités de tous les milieux.
Amnesty International dénonce "une forme de punition collective de toute la population de Gaza". Human Rights Watch qualifie le blocus de " violation grave du droit international". L'ancien Président Jimmy Carter a déclaré que les habitants de Gaza sont traités "comme des animaux".
Le 18 novembre 2009, la Chambre des Députés du Luxembourg a voté à l’unanimité une motion invitant le gouvernement à « demander au Gouvernement israélien de mettre rapidement un terme au blocus de la Bande de Gaza, d'autoriser l'accès de l'aide humanitaire, de permettre l'entrée des matériaux indispensables à la reconstruction et de contribuer à la réouverture des points de passage, notamment Rafah ».

Malheureusement la « communauté internationale » ne va pas au-delà de simples condamnations verbales.
Face à cet immobilisme, des citoyens de nombreux pays ont décidé d’agir et de se rendre à Gaza pour demander la fin du siège illégal et inhumain. « Gaza Freedom March », une action citoyenne non-violente initiée aux Etats-Unis, est soutenue par des personnalités telles que Noam Chomsky, Monseigneur Gaillot, Ken Loach, Mustapha Barghouti, Howard Zinn, John Dugard, Jeff Halpner, Ronnie Kasrils, Arun Gandhi, petit-fils du Mahatma Gandhi.

De tous les pays, le départ est prévu le 27 décembre 2009, un an jour pour jour après le début des bombardements israéliens. Le 28 décembre les marcheurs venus du monde entier tenteront d’entrer dans la bande de Gaza par le poste-frontière sud, à Rafah (Egypte).
De nombreuses visites de terrain et rencontres d’associations sont prévues à l’intérieur de la bande de Gaza. Le jeudi 31 décembre aura lieu une marche pour la liberté vers le poste-frontière d’Erez (Israël) en compagnie de milliers de Gazaouis.
Rendez-vous :
▪ Pour soutenir les marcheurs du Luxembourg avant leur départ : Mardi 22 décembre à 18h00 au Marché de Noël à Luxembourg - Place Clairefontaine (tout près de la place d'Armes)
▪ Pour suivre l’évolution de cette initiative citoyenne internationale et la participation des marcheurs luxembourgeois, consultez : http://paixjuste.blogspot.com

Tél de contact jusqu’au 23 décembre : +352-691-43 64 43 – Après le 23 et pendant la marche (27 décembre – 4 janvier) : +352-691 94 11 62 ou +352-34 03 70 ou +352-691 47 12 46

vendredi 11 décembre 2009

TOI AUSSI - AGIS MAINTENANT

La marche de solidarité avance à grand pas, tu veux te joindre, être solidaire et agir, mais que faire?
Voici quelques idées rapides, faciles et efficaces pour soutenir les marcheurs luxembourgeois et Gaza !

AGIS MAINTENANT!
Viens dire au revoir et leur apporter ton soutien et ton message de solidarité pour Gaza
Le 22 décembre à 18h00 sur la place Guillaume ou la place Clairefontaine (selon décision de la Ville de Luxembourg)

Apporte une bougie pour illuminer la marche avec ta solidarité!
UNE LUEUR D'ESPOIR POUR GAZA
Fais circuler l’information auprès de tes proches, les marcheurs luxembourgeois marchent pour la paix et la solidarité.
Poste tes messages d’encouragement et suis l’aventure incroyable des marcheurs sur le blog.

TOI AUSSI, tu peux faire une action en faveur de la solidarité, prends des photos, envoie tes messages, informe ton entourage !
D’autres actions auront lieu entre le 27 décembre et le 2 janvier. Tiens toi informé sur notre blog.

Un défi fou : Marcher pour Gaza

Ils sont neuf, luxembourgeois, mariés ou célibataires, hommes et femmes, indépendants, employés, fonctionnaires, retraités, étudiants... un lien les unit: la SOLIDARITE
Comme nous tous, ils sont choqués par les conditions de vie dans cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Ils ont fait un pari fou : AGIR, dire non au blocus de Gaza !
Ils se joignent à la marche internationale de solidarité du 27 décembre au 1 janvier pour dire STOP !
Découvre les marcheurs Luxembourgeois
Soutiens les maintenant !

vendredi 4 décembre 2009

Quel est le programme de la marche ?

Programme provisoire :

. Dimanche 27 décembre au soir : réunion d’orientation au Caire
. Lundi 28 décembre : départ du Caire pour Rafah - arrivée à Gaza - installation
. Mardi 29 décembre : visites de terrain et de plusieurs associations - rencontre avec des artistes
. Mercredi 30 décembre : visite d'organisations - debriefing
. Jeudi 31 décembre : marche pour la liberté, vers Erez, avec 40 000 Gazaouis
. Vendredi 1er janvier : à déterminer
. Samedi 2 janvier : retour au Caire